En Inde la mort n’est pas tabou. Elle fait partie du “quotidien”, ou du moins bel et bien acceptée comme une étape de la vie.
Dans la religion Hindoue, la réincarnation a une place importante.
Vos actes ont tous un impact sur le cycle de réincarnation et ce que vous deviendrez par la suite.
Suman nous avait dit à Delhi que c’était une évidence que la réincarnation soit réelle. Autrement comment accepter que des enfants naissent aveugles, ou meurent si jeunes de maladie, pendant que d’autres ont une vie si aisée. Il y a une explication spirituelle à pourquoi vous êtes nés comme vous êtes aujourd’hui.
Ce qui amène donc les gens à avoir moins peur de la mort, puisque elle mènera à une nouvelle vie, peut être meilleure si les actions ont été positives.

La cité sainte de la Mort

Varanasi est l’une des plus anciennes cités du monde encore habitées.
C’est ici que le Bouddha a fait son premier discours après l’Illumination.
Elle est traversée par le Gange, ce fleuve gigantesque aux eaux saintes pour les Hindous, aux eaux les plus polluées pour le reste du monde.
Avec une vision occidentale, Varanasi (ou Bénarès) est difficile à comprendre. La ville accueille chaque jour des centaines de fidèles venus se laver dans le Gange, afin de briser le cycle des réincarnations et atteindre directement le Nirvâna. C’est aussi ici que beaucoup d’Hindous viennent mourir, afin d’être incinéré ici et leurs cendres dispersées dans le fleuve sacré.

J’avais un certain stress à l’idée de visiter la ville. En effet, voir et sentir la Mort à travers les crémations publiques et les corps flotter dans le Gange est quelque chose qui me faisait un peu peur.
Et pourtant, c’est moi qui ai ajouté cette étape à notre itinéraire. Je me suis dit que c’était dommage d’être en Inde et de louper une part aussi importante de la culture Indienne. Et puis quand même, ça aurait été dommage de ne pas voir le lever de soleil sur le Gange, l’un des fleuves les plus connus au Monde, un symbole du même acabit que le Taj Mahal.

La première surprise se présente dès notre entrée dans la ville. Elle ressemble  à beaucoup d’autres villes du nord de l’Inde avec son lot de taxis et scooters, ses bazars, ses couleurs, ses odeurs. Rien de moins, rien de plus. 
Je m’attendais à plus de mysticisme dès les premières rues. Comme quoi le stress ne naît que de l’imagination.
Il fait nuit quand nous rejoignons les Ghats du Gange (ces enfilades d’escaliers qui longent le fleuve).

Nous avons loupé les cérémonies rituelles du soir, mais les cloches sonnent néanmoins en continu. Certains se baignent, et la rive est remplie de touristes et de fidèles. Il fait bon, et ici on échappe un peu aux odeurs de pots d’échappement. Ça sent l’encens que les Sadhus (les Sages Hindous) brûlent au bord de leurs tentes, et on se croirait presque sur n’importe quel quai de fleuve de France. (Presque).

Le lendemain, je suis levée à 5h30 pour assister aux ablutions et aux offrandes du matin, pendant que Thomas reste tranquille dans le lit.
La lumière de l’aube est belle, ce qui donne plus de spiritualité à l’endroit que la veille.

Je me balade, je fais quelques photos, je me pose et observe les gens suivre leur rituel du bain dans le fleuve sacré.

Des Sadhus prennent la pose devant l’objectif de visiteurs, et d’autres se prennent carrément en selfie. Vu d’ici, ils ressemblent plus à une communauté hippie avec une communication bien rodée qu’à de vrais Sages… mais ne généralisons pas, il y a toujours des gens pour se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas vraiment.

Le moment est agréable, et je reste là à contempler tout ça pendant plus d’une heure.

Les baignades se font un peu plus rares, les saris sèchent au soleil.
Je retrouve Thomas pour un petit déjeuner, et nous repartons ensemble nous balader dans les petites rues de la ville.

Nous croisons quelques marches funéraires, où la personne décédée est enveloppée dans des tissus – à l’exception de son visage – et recouverte de fleurs, portée à travers les rues étroites par un groupe d’hommes chantant.
Nous pouvions assister à une crémation – qui sont accessibles également aux non Hindous – mais je me suis dit que cette expérience était suffisante pour moi.
Nous nous en tenons donc aux jolies petites rues et aux Lassi !

La dernière étape de l’Inde aura été un peu spéciale, mais nous sommes contents d’être allés jusque Varanasi, et d’avoir pu nous faire notre propre idée de cette cité particulière.

3 thoughts

  1. Chaque post est un voyage en soit, quelles richesses vous nous partagez 🙂 Merci par tant de découvertes si bien narrées ! des bises !

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